(AFP-MC) - Le président français Nicolas Sarkozy a jugé jeudi que son fils cadet, Jean, 21 ans, était un «jeune homme courageux» et se débrouillait bien tout seul après sa décision de briguer un mandat local comme lui même l'avait fait à son âge.
«Je trouve que c'est un jeune homme courageux. Ce qu'il a fait, il l'a fait parce qu'il croyait devoir le faire», a expliqué le chef de l'État, en marge d'une visite sur l'ancien site d'une usine de Metaleurop dans le nord.
«Je suis assez fier de la façon dont il se débrouille, il a l'habitude de se débrouiller tout seul, comme son père à l'époque», a affirmé M. Sarkozy.
«Je suis un père qui aime son fils, donc je n'ai pas à lui demander de faire ou je n'ai pas à lui interdire de faire», a-t-il ajouté.
Le matin même, Jean Sarkozy avait donné une interview au quotidien de droite Le Figaro pour expliquer sa décision annoncée mercredi de briguer en mars un siège au conseil général du département des Hauts-de-Seine.
Il a précisé qu'il serait le candidat de la majorité présidentielle pour les élections cantonales à Neuilly-sud.
Jean Sarkozy a balayé les critiques évoquant la naissance d'une «monarchie élective» dans la ville huppée de Neuilly, à l'ouest de Paris, dont son père a été maire -dès l'âge de 28 ans- pendant près de 20 ans.
«Le président: il ne m'a donné aucun conseil. Mon père? il m'a dit de rester moi-même et de prendre mes responsabilités», a expliqué Jean Sarkozy.
«Ma démarche est une démarche humble et tout à fait locale», poursuit-il. «Je n'ai pas l'intention de m'arroger le droit d'investir le champ de la politique nationale».
Etudiant en droit maniant la même éloquence que son père, Jean Sarkozy était engagé jusqu'à présent dans la campagne pour les municipales à Neuilly-sur-Seine. Il a contribué au retrait du candidat officiel, David Martinon, porte-parole de l'Elysée, qui avait été «parachuté» par son père au grand dam de la droite locale.
Ce psychodrame municipal avait été notamment qualifié de «farce» par l'opposition socialiste.
Jean Sarkozy s'était destiné initialement au théâtre et était pressenti pour jouer dans une comédie à Paris.
Mais il a finalement décidé à l'automne de se consacrer à ses études et à la politique, en lançant sa carrière là où son père a débuté la sienne quand il n'avait lui aussi qu'une vingtaine d'années.
Interrogée sur sa candidature, l'ex-candidate socialiste à la présidentielle Ségolène Royal a répondu jeudi: «Le feuilleton familial commence à fatiguer les Français et je ne voudrais pas en rajouter, Neuilly n'est pas le centre de la France».
Publié par : Marcel Charland
à 14:45:19
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